samedi 4 février 2017

Ma rencontre avec Maurice Gloton - Azais Khalsi








Azais Khalsi


C’est avec tristesse que nous apprenons le départ de notre frère en Dieu Obeidallah Maurice Gloton.

Dans l’histoire de l’humanité, de grands hommes traversent l’histoire en léguant une œuvre majeure et magistrale, permettant ainsi à celles et ceux qui restent, de profiter pleinement du travail et du sacrifice pour Dieu, œuvre de toute une vie.

Sa conversion à l’âge de 20 ans n’aura pas du tout présagé un tel parcours, noble et humble, car c’est pendant les 70 années qui suivront qu’il se consacrera à une langue, particulière, subtile, riche, équilibrée, qu’est la langue arabe.

Cette belle langue, dont on dit aujourd’hui que c’est une langue violente, dénuée de spiritualité. C’est ce grand travail, minutieux, digne des plus grands horlogers, qui redonnera au monde francophone, la beauté et la subtilité de cette langue, rares sont ceux qui ont réussi à nous faire ressentir sa douceur et son délice.

C’est en 2002 que Dieu me permit de le rencontrer pour la première fois, après la parution de « l’index Coranique », une des œuvres majestueuses.
Une rencontre qui marquera la vie d’un jeune francophone en quête d’une compagnie et qui le liera à celle de la belle compagnie Prophétique par la suite.

Parmi les rencontres des hommes du soufisme qui marquent aujourd’hui le paysage francophone, c’est celle qui aura marqué tout mon être. Quatorze belles années que j’ai apprécié tant l’homme était l’expression d’une spiritualité vivante.

Chacune de mes rencontres avec le défunt Obeidallah, était une visite d’apprentissage. A peine arrivé, sa conjointe mettait à notre disposition du thé et des petits gâteaux qui devaient nous permettre de tenir toute la matinée. Nous parlions des différents travaux d’écriture en cours, de futures publications comme « Jésus fils de marie », « Adam », « La traduction du Coran », nous nous arrêtions longuement sur l’index coranique où il m’expliquait la façon de l’utiliser et comment profiter pleinement de ce fabuleux travail.

Grâce à lui, j’ai pu apprécier l’arabe, qui devenait accessible, beau et fin.
Chacune de mes rencontres m’a permis de m’enrichir et de prendre conscience du pouvoir des mots. Obeidallah Gloton, notre défunt frère, avait les mots en lui, il avait fait ce travail profond d’introspection qui lui permit de lire le texte en homme détaché et ainsi d’exposer en toute neutralité la beauté des textes soufis.

Il m’a rappelé que lire, demande un détachement, une certaine réalisation intérieure, afin d’apporter une contribution saine, totalement impersonnelle.

Aussi, en ses côtés, nous lisions doucement afin de mesurer chaque mot, chaque phrase, nous revenions parfois plusieurs fois sur les mêmes textes, il voulait être sûr de n’avoir rien oublié.

Lorsqu’il demandait mon point de vue, j’étais gêné, mais je compris que c’était surtout pour me valoriser, valoriser son invité, un homme de Dieu qui dévoile en chacun de nous, nos grandes possibilités cachées.

Humilité, voilà comment je terminerai ce modeste témoignage.
Il y aurait tellement de choses à dire, mais les hommes de Dieu sont des personnes qu’on ne comprend qu’après leur départ.

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